Parce qu’elle est pensée et conçue par des êtres humains dans un contexte social et culturel qui lui est propre, l’intelligence artificielle (IA) n’est pas toujours aussi neutre et objective que l’on pourrait le supposer. Plusieurs cas d’IA discriminatoires ont déjà été révélés, notamment envers les femmes et les minorités visibles. Non seulement les IA peuvent reproduire les biais et stéréotypes préexistants envers certains groupes, mais elles ont le potentiel de les amplifier, conduisant à une aggravation des discriminations. Les organisations qui s’appuient sur des IA potentiellement discriminatoires courent donc des risques importants sur les plans juridique, commercial, réputationnel et sociale. L’ampleur de ces risques se révèle dans le grand nombre de chartes érigées depuis quelques années dans le monde, pour encourager l’adoption de principes d’équité, de diversité et d’inclusion (EDI) en IA. Dans les organisations, adopter un système d’IA devrait donc impliquer au préalable une réflexion et des actions pour corriger les systèmes, processus et pratiques en matière d’EDI. Parce qu’elle se développe dans un nombre croissant d’organisations et soutient de plus en plus la prise de décisions, l’IA pourrait ainsi devenir un accélérateur des politiques et pratiques d’EDI dans les organisations ou, bien au contraire, venir exacerber les discriminations.
Falcon Cachat‑Rosset, G. (2024). L’intelligence artificielle : fossoyeuse ou meilleure alliée de l’équité, de la diversité et de l’inclusion ? Dans X. Parent‑Rocheleau & A. Ollier‑Malaterre (Dirs.), Le management à l’ère numérique : nouvelles pratiques, réalités et régulations (pp. 65–76). Presses de l’Université du Québec.