Colloque | En personne
Nous vous invitons à vous présenter à l’accueil (Salle A.373 Centre de conférence Claude-Séguin) dès 8 h 30 afin de confirmer votre présence et ainsi recevoir le remboursement de votre billet (du 18 ou du 19 mars).
Face à l’intensification des impacts environnementaux du numérique (émissions de GES, consommation énergétique et hydrique, extraction de ressources critiques) et la nécessité de formuler des trajectoires alternatives, ce colloque propose un espace interdisciplinaire et intersectoriel de réflexion et d’action.
La problématique de la sobriété numérique s’impose aujourd’hui comme un nouveau paradigme sociotechnique pour la transition socio-écologique. Alors que le numérique est souvent présenté comme une solution aux défis environnementaux, les recherches récentes révèlent qu’il est également un vecteur d’impacts écologiques significatifs. L’essor de l’intelligence artificielle générative, notamment dans le monde du travail, l’industrie du marketing et du divertissement, et pour de nombreux usages quotidiens, accentue la consommation de ressources et les tensions géopolitiques liées à l’approvisionnement énergétique et minéral. Dans ce contexte, il devient urgent de repenser les trajectoires technologiques actuelles et d’explorer des alternatives soutenables, tant sur le plan technique que social. Le colloque s’articulera autour de deux journées : la première consacrée à l’établissement d’un diagnostic critique des impacts du numérique et de l’intelligence artificielle, et la seconde dédiée à l’exploration des alternatives sociotechniques, politiques et citoyennes pour une transition numérique soutenable.
Mobilisant des intervenant·es issus de multiples disciplines et secteurs : chercheur·es en sciences humaines, sociales, environnementales et technologiques, professionnel·les du numérique et de l’IA, représentant·es d’organisations citoyennes et communautaires, décideur·es publics et membres de la société civile, ce colloque permettra de croiser les savoirs, de confronter les perspectives et de faire émerger des pistes d’action concrètes et adaptées aux réalités québécoises.
Programmation
Jour 1 - Entre constats partagés et limites des solutions classiques
Cette première journée vise à établir un diagnostic interdisciplinaire des impacts du numérique et de l’intelligence artificielle sur l’environnement, en mettant en lumière les limites des approches dominantes. Elle permettra de poser les bases critiques nécessaires à une réflexion sur la sobriété numérique, en croisant les dimensions environnementales, géopolitiques et sociales.
(9h15 à 10h30) Session 1 - Sobriété numérique : une nouvelle approche face aux impacts environnementaux du numérique
Cette première sous-session vise à poser les bases du colloque en introduisant la notion de sobriété numérique à partir d’un diagnostic environnemental. Elle explore les effets écologiques du numérique et de l’intelligence artificielle, en mettant en lumière les limites des modèles actuels et les leviers d’action pour une transition vers des pratiques plus soutenables.
Panélistes
- Modération : Christophe Abrassart (Université de Montréal)
- Marie-France Bellemare (Insertech / AGIT Québec)
- Alexandre Theve (Collectif NRS / The Shift Project)
- Alex Hernandez-Garcia (Université de Montréal)
(11h00 à 12h15) Session 2 – Sobriété numérique et trajectoires numériques mondiales : une lecture critique
Cette deuxième session propose une lecture politique et géopolitique des trajectoires numériques actuelles. Elle interroge les modèles économiques dominants, les formes d’oligarchies technologiques, et les risques démocratiques associés à la transition numérique.
Panélistes
- Modération : Jonathan Martineau (Université Concordia)
- Jonathan Durand-Folco (Université Saint-Paul)
- Alexandra Parada (Université du Québec à Montréal)
- Morgan Mouton (INRS)
(13h30 à 14h45) Session 3 - Effet rebond et recarbonation : les angles morts de la transition numérique
Cette session explore le paradoxe de l’effet rebond dans le numérique et l’intelligence artificielle : les gains d’efficacité énergétique ou technologique entraînent souvent une augmentation globale de la consommation. Elle propose une lecture critique des dynamiques de recarbonation et des conflits d’usage de l’énergie, en interrogeant les limites des politiques actuelles de transition. À travers une approche interdisciplinaire, les intervenants exploreront les leviers de gouvernance pour limiter ces effets et favoriser une véritable sobriété numérique.
Panélistes
- Modération : Marie-Luc Arpin (Université de Sherbrooke)
- Jonathan Martineau (Université Concordia)
- Gauthier Roussilhe (RMIT University)
- Sasha Luccioni (Hugging Face)
(15h15 à 16h30) Section 4 - Sobriété numérique : lectures transversales à travers les axes de recherche de l’Obvia
Cette session propose une réflexion transversale visant à explorer comment la notion de sobriété numérique vient reproblématiser les thématiques existantes (travail, santé, éducation, arts et médias, droit et éthique), en révélant de nouveaux enjeux et ouvrant de nouvelles pistes de recherche. Chaque axe contribue ainsi à enrichir la compréhension de la sobriété numérique dans ses dimensions éthiques, sociales, politiques et culturelles.
Panélistes
- Modération : Stéphane Roche (Université Laval)
- Florent Michelot (Université Concordia)
- Allison Malchildon (Université Sherbrooke)
- Emilie Dionne (Chercheuse, VITAM)
- Vincent Gautrais (Université de Montréal)
- Clémence Varin (Doctorante, Université Laval)
- Tania Saba (Université de Montréal)
(17h à 17h45) Session 5 - Grande conférence et cocktail réseautage
Paris Marx, auteur et animateur du Podcast Tech Won't Save Us, offrira un regard critique sur les promesses non tenues de la Silicon Valley et analysera comment l’industrie technologique façonne nos sociétés tout en occultant ses effets réels (exploitation, surveillance et inégalités).
Jour 2 - Vers un numérique sobre et soutenable : innovations, gouvernance et futurs désirables
Cette deuxième journée est consacrée à l’exploration des alternatives concrètes et des futurs possibles pour un numérique sobre, juste et soutenable. Elle fait le lien entre les constats critiques de la première journée et les pistes d’action portées par les milieux de la recherche, de la société civile, des professionnel·les et des institutions. Elle vise à faire émerger une vision collective et plurielle de la sobriété numérique, en tenant compte des enjeux écologiques, sociaux et territoriaux propres au Québec.
(9h00 à 10h15) Session 6 - Alternatives sociotechniques : quelles voies vers un numérique frugal et soutenable ?
Cette session vise à explorer les alternatives sociotechniques qui permettent de penser un numérique plus sobre du côté de l’offre : infrastructures, normes, design, conception et gouvernance. Cette session met en lumière les référentiels d’éco-conception, les approches low-tech, les projets de transparence et d’étiquetage environnemental, ainsi que les critiques des standards industriels. Elle vise à identifier les leviers concrets pour transformer les pratiques numériques à la source, en tenant compte des limites écologiques et sociales.
Panélistes
- Modération : Martin Deron (Université Concordia)
- Anne-Laure Ligozat (ensIIE - École Nationale Supérieure d'Informatique pour l'Industrie et l'Entreprise) ;
- Stéphane Roche (Université Laval)
- Philippe Terrier (ETS)
(10h45 à 12h00) Session 7 - Alternatives sociales et politiques : quels communs pour une sobriété numérique systémique ?
Explorer les alternatives sociales, citoyennes et politiques à la trajectoire dominante du numérique. Cette session met en lumière les initiatives et les potentiels portés par les communs numériques et les tiers-lieux, comme les bibliothèques, tout en interrogeant les conditions d’émergence de politiques publiques de sobriété numérique. L’objectif est de penser une gouvernance du numérique fondée sur la justice sociale, la démocratie, la mutualisation des ressources et la résilience des territoires.
Panélistes
- Modération : Jonathan Durand-Folco (Université Saint-Paul)
- Martin Deron (Université Concordia)
- Sandrine Lambert (Université Concordia)
- Lucien Stoven (IMT Nord Europe et SciencesPo)
(13h00 à 15h00) Session 8 - Atelier de prospective : Quelle sobriété numérique en 2050 au Québec ?
Cet atelier participatif propose d’explorer les futurs possibles du numérique au Québec à l’horizon 2050, à travers le prisme de la sobriété numérique. S’inscrivant dans un chantier thématique de l’Obvia sur la littératie éco-numérique, l’atelier s’appuie sur une série de scénarios prospectifs mettant en récit des usages concrets du numérique et les tensions en termes de durabilité : priorisation des données, prolongation des équipements, politiques d’effacement sélectif, regroupements spatiaux pour les usages intensifs, etc. Suivant une méthodologie de co-design prospectif, l’objectif de l’atelier est de stimuler les imaginaires et dépasser les paradigmes dominants pour penser collectivement de nouvelles trajectoires de transition vers un numérique sobre, juste et soutenable.
Animation : Christophe Abrassart (Université de Montréal)
(15h30 à 16h30) Session 9 - Quelle politique publique de la sobriété numérique au Québec ?
Cette table ronde de clôture vise à ouvrir un espace de dialogue stratégique sur les conditions d’émergence d’une politique publique de sobriété numérique au Québec. En réunissant des expert·es issus de la recherche, de l’analyse des politiques, de la société civile et des institutions, la session permettra de croiser les perspectives sur les leviers réglementaires, les cadres normatifs, les enjeux de gouvernance et les priorités d’action.
L’objectif est de poser les bases d’une réflexion collective sur ce que pourrait être une politique de sobriété numérique ambitieuse, cohérente et juste, en tenant compte des spécificités du territoire québécois, des dynamiques internationales, et des impératifs écologiques et sociaux.
Panélistes
- Modération : Christophe Abrassart (Université de Montréal)
- Luc Bégin (CEST - Commission de l’éthique en science et en technologie)
- Claire Dorville (Ecolab, Commissariat Général au Développement Durable, France)
- Martin Deron (Université Concordia)
Politique d'inscription
Pour garantir la qualité et la gratuité de ses événements, l’Obvia adopte une politique d’inscription avec dépôt remboursable. Le dépôt est entièrement remboursable jusqu'au mardi 10 mars, ou suite à votre présence à l'événement.
Consulter la politique d'inscription
Modalités d’inscription
L’Obvia s’engage à offrir des événements gratuits, accessibles et inclusifs, favorisant la science ouverte, la coproduction des savoirs et le dialogue démocratique. Pour maintenir cette gratuité tout en garantissant organisation de qualité et responsable, nous mettons en place un système d’inscription avec dépôt remboursable. Cette mesure vise à assurer la présence des personnes inscrites, permettre une planification optimale et éviter le gaspillage.
Si cette politique d’inscription avec dépôt représente un obstacle à votre participation, nous vous invitons à nous contacter à evenements@obvia.ca afin de trouver une solution.
Période d'inscription
- Jusqu’au mardi 10 mars 2026 : Inscription gratuite, avec dépôt remboursable.
- À partir du mercredi 11 mars jusqu'au 17 mars 2026, 8 h 00 : Inscription payante.
Afin de favoriser les échanges et d’enrichir l’expérience des participantes et participants, l’inscription inclut les pauses café, les repas du midi et le cocktail de réseautage.
Dépôt remboursable
- 1 jour : 40 $
- 2 jours : 80 $
Politique d’annulation
- Jusqu’au mardi 10 mars : Remboursement intégral du dépôt.
- Jusqu’au lundi 16 mars, 10 h : Remboursement de 50 % du dépôt.
- Après le lundi 16 mars, 10 h : Aucun remboursement.
Accessibilité
Nous souhaitons que nos événements soient inclusifs et accessibles à toutes et tous. Si vous avez des besoins particuliers, veuillez les indiquer dans le formulaire d’inscription. Les organisateurs prendront les mesures nécessaires pour répondre à ces demandes dans la mesure du possible.
Comité scientifique et organisateur
- Christophe Abrassart (Professeur, Université de Montréal et co-responsable de l'Axe Sobriété numérique et transition socio-écologique )
- Stéphane Roche (Professeur, Université Laval et co-responsable de l'Axe Sobriété numérique et transition socio-écologique )
- Martin Deron (Doctorant, Université Concordia)
- Jonathan Durant Folco (Professeur, Université St-Paul)
- Jonathan Martineau (Professeur, Université Concordia)
- Lyne Nantel (Obvia)
- Guillaume Macaux (Obvia)
Partenaires
Cette activité est réalisée avec le soutien financier du Fond de recherche du Québec et du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada.
Publications associées
Le numérique à l’épreuve de la sobriété: Enjeux, potentiels d’innovation et nouvelles trajectoires
Événements associés
Procès de l’IA - L’IA détruit-elle l’environnement?
Le procès explosif de l’entreprise WeLive AI s’ouvre à Montréal : malgré des promesses « vertes », ses activités et technologies sont-elles en train de causer des dommages graves et durables à l’environnement ?
Actualités associées
Le numérique à l’épreuve de la sobriété : deux jours d’échanges pour repenser nos usages
Les 18 et 19 mars derniers, l’Obvia a tenu son colloque consacré au thème de la sobriété numérique et des impacts environnementaux de l’intelligence artificielle. Le colloque s’est distingué par la richesse des échanges et la diversité des perspectives.