Dialogues interdisciplinaires : Repenser la culture à l'ère de l'IA

Conférence | Hybride

Date:
Horaire: 13:30 à 16:30
Lieu: Salle de concert de l'Arquemuse, 151-A rue St-François Est, Québec, QC, G1K 2Y6 ou Zoom

Dans le cadre de la série Dialogues interdisciplinaires, l’Obvia, IVADO et Mila vous invitent au panel Repenser la culture à l'ère de l'IA portant sur les enjeux et impacts de l’IA générative sur les industries culturelles et créatives. Animé par le directeur du Devoir Brian Myles, le panel mettra notamment en dialogue des artistes et des représentants du domaine de la création ainsi que des spécialistes du droit et des communications. Octavio Kulesz, expert de renommée mondiale sur les enjeux entourant les impacts des technologies numériques sur la diversité culturelle et les industries culturelles, agira à titre d’invité d’honneur de l’événement.

Descriptif de l'événement

Dans les deux dernières années, l'essor de l'intelligence artificielle générative a ébranlé les fondations de toutes les industries culturelles et créatives. La célérité des mutations a pris de court l'ensemble des acteurs culturels et, pour bon nombre d'entre eux, l'adaptation aux nouveaux temps s’est avérée particulièrement ardue.

Parmi les défis les plus saillants, figurent la faible familiarisation des artistes et des entrepreneur·e·s culturel·le·s avec l’apprentissage profond, le manque de données, la perte d’emplois créatifs, la concentration économique, les enjeux relatifs au droit d’auteur, l'accentuation des inégalités Nord-Sud, ainsi que la montée en puissance des contenus synthétiques, dans un contexte général de désinformation croissante.

La situation actuelle, déjà complexe et préoccupante, s'aggrave lorsqu'on considère qu'une part significative des événements récents était prévisible. En effet, diverses études menées au cours de la dernière décennie avaient averti des risques liés aux changements imminents. Cela semble mettre en lumière les grandes difficultés que rencontrent les acteurs culturels lorsqu'il s'agit d'anticiper les changements technologiques et de coordonner des stratégies à long terme, tant à l'échelle nationale qu'internationale.

Pouvons-nous imaginer un scénario différent pour les prochaines années ? Quelles options les secteurs culturels ont-ils pour surmonter ces obstacles et, en même temps, profiter des énormes opportunités offertes par le développement de l'IA ? Quelles nouvelles alliances conviendrait-il de former ? Comment élaborer un plan qui positionne les artistes et les industries culturelles non seulement en tant qu'utilisateurs, mais aussi en tant que créateurs de systèmes d'IA, dans le Nord et dans le Sud ?

* L'image de l'événement est une oeuvre d'Adam Basanta, membre du panel, intitulée Tate colour field (after Bridget Riley and Patrick Heron). 

Pour visionner l'enregistrement des panels

Panélistes

Octavio Kulesz (Invité d'honneur)

Octavio Kulesz est un philosophe, éditeur numérique et chercheur argentin. Il dirige Teseo, l'une des principales maisons d'édition électronique d'Amérique latine. En tant qu'expert collaborant avec des organisations internationales, notamment l'UNESCO, l'OIF, IFACCA et l'Alliance internationale des éditeurs indépendants, ses recherches portent sur les industries culturelles et créatives à l'ère du numérique. Certains de ses articles, comme « Culture, machines et plateformes » (UNESCO, 2018), ont anticipé de plus de cinq ans les défis contemporains liés à l'impact de l'intelligence artificielle générative sur les secteurs culturels. En 2020, il a été sélectionné par l'UNESCO, avec 23 autres experts internationaux, pour rédiger le texte de la Recommandation sur l'éthique de l'intelligence artificielle, le premier instrument normatif au monde sur ce sujet.

Adam Basanta

Adam Basanta est un artiste, compositeur et interprète de musique expérimentale. Son travail explore la technologie - un spectre continu allant de la brique de terre à l'apprentissage automatique - en tant que point de rencontre de systèmes simultanés et superposés ; un nexus de forces culturelles, informatiques, biologiques et économiques. Son travail a été récompensé par plusieurs prix internationaux, notamment le Japan Media Arts Prize (2016) et l'Aesthetica Art Prize (2017). En 2018, il a été nommé sur la liste longue du Sobey Art Award (CAN), et en 2019, il a été lauréat du Prix Pierre Ayot (QC). Il est actuellement représenté par la galerie Ellephant (Montréal, CAN).

Alexandra Bensamoun

Alexandra Bensamoun est professeure de droit à l'Université Paris-Saclay, spécialisée en IP/IT. Experte pour l'UNESCO et pour différentes autorités, notamment « personnalité qualifié » au CSPLA (Conseil supérieur de la propriété littéraire et artistique, ministère de la Culture français), elle a contribué à de nombreux rapports sur le numérique, et en particulier sur l'intelligence artificielle. Elle a fait partie de la Commission interministérielle de l'IA qui a remis son rapport « IA: notre ambition pour la France », en mars 2024 au Président de la République française. Elle est aujourd'hui chargée par le ministère de la Culture de deux missions sur la mise en oeuvre du règlement européen sur l'IA dans les secteurs culturels.

Colette Brin

Colette Brin est professeure titulaire au Département d’information et de communication de l’Université Laval, directrice du Centre d’études sur les médias et coresponsable de l’axe Arts, médias et diversité culturelle de l’Obvia. Elle étudie les transformations des pratiques journalistiques, s’intéresse à la diversité des contenus et à la convergence des salles de rédaction, à l’organisation du travail et aux moyens mis en œuvre pour faciliter les changements organisationnels. Ces dernières années, elle s’est intéressée plus particulièrement à l’information locale et régionale, aux relations entre les journalistes et les tribunaux, ainsi qu’aux pratiques d’information des publics. Elle a également été présidente de l’Association canadienne de communication, de 2012 à 2014

Jeremy Allen Peter

Jeremy Peter Allen est cinéaste indépendant basé à Québec et professeur-créateur dans le programme d’études cinématographiques à l’Université Laval. Il s’intéresse principalement au cinéma de fiction, mais il réalise aussi des documentaires et des oeuvres hydrides incorporant la vidéo d’art et l’expérimentation audio. Depuis deux ans, il explore avec un mélange d’émerveillement et de consternation l’IA appliquée au cinéma.

Véronique Rankin

Véronique Rankin est Directrice générale du Wapikoni mobile depuis 2021, Véronique Rankin est membre de la nation Anishinabe et originaire de la communauté de Pikogan. Diplômée de l’École nationale d’administration publique, elle a une vaste expérience auprès de différents groupes autochtones, principalement dans les secteurs de la santé et de l’éducation. Elle siège sur les conseils d’administration de la Société de la Place des Arts, des Offices jeunesses internationaux du Québec, des Productions Menuentakuan et de Kassiwi Media. Elle est également présidente du Collectif pour les arts et les cultures des Peuples autochtones.

Yves Jacquier

Entré en 2004 chez Ubisoft, Yves Jacquier a occupé différents postes associés à la croissance rapide du studio : d’abord à la Direction des Services Online, puis des Studios de Services de Production en 2008 en se donnant la mission de les amener à l’avant-garde de l’industrie en y développant des services de capture de performance, de biométrie ou de télémétrie.

En parallèle, Yves développe la stratégie de R&D académique d’Ubisoft concrétisée par une chaire en intelligence artificielle (apprentissage profond) en 2011 avec Yoshua Bengio, puis la création en 2016 du premier laboratoire en recherche académique appliquée dans l’industrie du divertissement : Ubisoft – La Forge, qu’il dirige depuis.

Yves détient un PhD en physique des hautes énergies et un fort enthousiasme en expression guitaristique.

Brian Myles (Animateur)

Brian Myles est directeur du quotidien Le Devoir depuis février 2016. À ce titre, il a participé à une importante transformation numérique du Devoir pour le faire passer du statut de journal à celui d’un média multiplateforme, et en faire une organisation reconnue à des fins philanthropiques. Auparavant, Brian Myles a été journaliste au Devoir (1994-2015), chargé de cours et professeur à l’École des médias de l’UQAM (2000-2016) et président de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (2009-2013). Tout au long de sa carrière, il a participé à de nombreuses initiatives pour défendre la liberté de presse, la protection des sources, l’accès à l’information, la diversité d’expression culturelle. Il revendique plus de 12 ans d’expérience en représentation gouvernementale et il a participé à de nombreuses consultations publiques sur le journalisme et les médias.

Responsable scientifique

Véronique Guèvremont

Véronique Guèvremont est professeure titulaire à la Faculté de droit de l’Université Laval et titulaire de la Chaire UNESCO sur la diversité des expressions. Elle est également coresponsable de l’axe Arts, médias et diversité culturelle de l’Obvia et co-directrice scientifique – Innovations et implications sociétales d’IVADO. Elle enseigne depuis 2006 le droit international de la culture, le droit international économique et le droit international public général. Ses travaux les plus récents portent notamment sur la protection de la diversité des expressions culturelles dans l’environnement numérique, la découvrabilité des contenus culturels francophones en ligne, le traitement des produits culturels dans les accords sur le commerce numérique, la dimension culturelle du développement durable, ainsi que la reconnaissance du lien entre culture et nature en droit.

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