Le 11 juin 2025 s’est tenue la toute première Journée scientifique de la communauté de l’Obvia. Cet événement a rassemblé chercheurs, chercheuses, partenaires et membres de la société civile afin de présenter l’état de la recherche de notre communauté et pour réfléchir ensemble autour d’enjeux transversaux liés à l’intelligence artificielle.
L’après-midi a été consacrée à trois ateliers participatifs :
- Quelle sobriété numérique au Québec en 2025 ?
- Quels sont les besoins de compétences à l'ère de l'IA et comment les développer ?
- Comment renforcer la confiance envers l'IA et le numérique ?
Dans l’atelier consacré aux compétences, les discussions ont porté sur les transformations à l’œuvre dans divers secteurs — santé, éducation, arts et médias, droit et justice, monde du travail — et sur les compétences humaines qu’il devient essentiel de renforcer. Au-delà des spécificités sectorielles, plusieurs constats transversaux se sont dégagés. L’esprit critique, la capacité d’adaptation, la compréhension du fonctionnement de l’IA, ainsi que les compétences éthiques et relationnelles sont apparues comme des piliers fondamentaux à renforcer dans tous les milieux. De plus, la formation continue, la mise en place de cadres éthiques clairs, et le développement d’outils d’IA adaptés aux contextes professionnels sont des leviers d’action largement partagés. Ces résultats témoignent d’un besoin en recherche pour de repenser les compétences humaines à l’ère de l’IA, non pas en opposition aux technologies, mais dans une logique de complémentarité et de responsabilité des usages technologiques.
De son côté, l’atelier sur la confiance envers l’IA et le numérique a permis d’explorer les zones d’ombre de notre compréhension actuelle de cette notion : confusion entre confiance et acceptabilité, manque de clarté sémantiques du langage fréquemment utilisé en référence à l’écosystème d’IA, et l’absence de prise en compte des besoins spécifiques de groupes moins visibles Les participantes et participants ont proposé des pistes de recherche ambitieuses, allant de l’étude des niveaux de confiance à l’analyse des modèles d’affaires technologiques, en passant par la compréhension des mécanismes de confiance dite « aveugle » envers certains outils d’IA générative. Du côté des actions concrètes, l’atelier a fait émerger des recommandations fortes : développer des audits crédibles et transparents, renforcer les formations continues, encadrer les technologies par des normes cohérentes, et créer des outils pour mesurer les impacts et l’incertitude des systèmes d’IA.
Enfin, l’atelier prospectif, articulé autour de plusieurs scénarios ayant pour thématique la sobriété numérique, a permis d’explorer différents futurs possibles pour l’IA au Québec à l’horizon 2050, en s’appuyant sur des hypothèses, des tendances et des mises en situation concrètes. En équipes, les personnes participantes ont pu identifier les opportunités, les risques et les impacts associés à chaque scénario. Ce temps de réflexion a offert un certain recul, favorisant l’analyse des enjeux futurs et l’anticipation des conséquences des décisions prises aujourd’hui.
Ces discussions interdisciplinaires et intersectorielles ont permis des échanges riches pour les participantes et participants. Ces ateliers de discussion étaient très courts, mais ont permis de mettre en évidence la valeur de croiser les regards et les perspectives pour mieux faire avancer les connaissances sur des sujets complexes.