Le 25 novembre 2025, le Comité sénatorial permanent des transports et des communications du Canada a invité l’Obvia à comparaître dans le cadre de son étude sur les possibilités et les défis que présente l’intelligence artificielle (IA) dans le secteur des technologies de l’information et des communications.
Lors de cette comparution, Nadia Naffi, professeure agrégée à la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université Laval et coresponsable de l’axe Éducation et capacitation à l’Obvia, a présenté un aperçu général des impacts de l’IA, en plus d'aborder trois enjeux ciblés par le comité : l’utilisation de l’IA pour la création, la distribution et le traitement de contenu, les questions qu’elle soulève en matière de droit d’auteur et de propriété intellectuelle dans le contexte canadien, ainsi que les risques de désinformation, de mésinformation et d’hypertrucages générés par l’IA.
Aux côtés de ses collègues, Nadia Naffi a abordé les nombreux dangers associés à l’accessibilité croissante de l’IA générative, mettant de l’avant le paradoxe d’une société qui bénéficie d’un accès sans précédent à l’information tout en étant plus que jamais exposée au faux.
Elle a expliqué au comité comment un usage détourné de l’IA générative permet de produire des hypertrucages, de cloner des voix et de créer des identités synthétiques servant à la désinformation, nous faisant glisser progressivement vers une posture de « zéro confiance » qui fragilise le débat public, érode la confiance dans les institutions et menace la vie démocratique.
Des pistes de solution pour encadrer l’IA et protéger l’information
Pour Nadia Naffi, la responsabilité de reconnaitre les contenus trompeurs ne doit pas seulement incomber aux individus, mais avant tout aux plateformes numériques et aux fournisseurs d’outils à haut risque. Elle appelle à des obligations plus strictes en matière d’évaluation, de transparence et de retrait rapide des contenus manifestement préjudiciables. Parallèlement, elle souligne l’importance de l’éducation et du renforcement de l’agentivité morale numérique, permettant aux citoyennes et citoyens de rester vigilants et éclairés face à la désinformation.
« Au fond, il s’agit de faire en sorte que l’IA dans le secteur des technologies de l’information et des communications renforce la qualité de l’information, la confiance du public et la liberté de pensée, plutôt que de les fragiliser. »
-Nadia Naffi, coresponsable de l’axe Éducation et capacitation à l’Obvia