Le numérique à l’épreuve de la sobriété : deux jours d’échanges pour repenser nos usages

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Les 18 et 19 mars derniers, l’Obvia a tenu un colloque consacré au thème de la sobriété numérique et des impacts environnementaux de l’intelligence artificielle. L’événement a mobilisé une communauté interdisciplinaire de chercheuses, chercheurs, praticiennes, praticiens et de partenaires investis dans ces enjeux.

Pendant deux jours, l'événement s’est distingué par la richesse des échanges, la diversité des perspectives et l’engagement des personnes participantes à poursuivre la discussion. Panels, conférences et ateliers prospectifs ont permis d’explorer collectivement les conditions d’un numérique plus responsable, capable de s’inscrire dans les limites planétaires, tout en contribuant à la justice sociale. 

Quatre grands axes de réflexion ont structuré les discussions :  

Gestion stratégique des projets numériques  

Les échanges ont mis en lumière plusieurs principes clés pour orienter le pilotage des projets numériques. Il importe d’abord de partir des besoins réels et exprimés, puis d’examiner l’ensemble des options disponibles (techniques comme non techniques) afin de ne recourir au numérique ou à l’IA que lorsqu’ils s’avèrent véritablement pertinents. Dans ces cas, la définition de balises de déploiement claires doit précéder toute démarche d’optimisation. Les discussions ont également souligné la nécessité de concevoir des systèmes à la bonne échelle, de manière ciblée, afin de limiter les effets indirects et les effets rebonds.

Priorisation des usages 

Se doter d’espaces de délibération collective apparaît essentiel pour orienter les choix en matière de numérique. À l’échelle des organisations, des villes ou des provinces, ces espaces permettent d’identifier les usages jugés utiles ou essentiels, tout en questionnant ceux dont il serait souhaitable de se distancier. Cette approche ouvre la voie à une gouvernance plus démocratique des technologies. 

Déprivatisation et émergence d’alternatives numériques 

Les discussions ont exploré la récupération publique d’infrastructures clés comme les centres de données, dans une perspective de souveraineté, ainsi que le développement de communs numériques permettant de concevoir des solutions fondées sur la collaboration plutôt que sur l’accumulation marchande. Le potentiel des partenariats publics-communs a également été mis de l’avant, lorsque les instances publiques investissent dans des infrastructures en confiant la gouvernance à des collectifs. 

Désescalade technologique 

Adopter une logique de désescalade technologique s’impose face aux impacts croissants du numérique. Cela implique une régulation plus stricte des usages néfastes de l’IA et des systèmes incompatibles avec la transition socioécologique. Une attention particulière a été portée à la recherche de simplicité et au recours à des solutions à plus faible intensité technologique lorsque celles-ci répondent adéquatement aux besoins. 

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L’Obvia tient à remercier chaleureusement toutes les personnes ayant contribué au succès de cet événement : les panélistes, les membres du comité scientifique, l’équipe opérationnelle de l’Obvia, ainsi que HEC Montréal pour son accueil. Nous remercions également l’ensemble des personnes participantes, ainsi que nos partenaires financiers, dont le Fonds de recherche du Québec et le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada. 

Ce colloque confirme l’importance de poursuivre une réflexion collective sur les trajectoires du numérique. Les échanges amorcés se poursuivront dans les prochains mois afin de nourrir des actions à mettre en place dès maintenant. 

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